Quoi de plus représentatif de la ville de Lorient que le port de Keroman. Considéré comme le premier port de pêche français en valeur avec 82,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, il rassemble plus de 3000 emplois directs ; marins, employés des entreprises de mareyage, salariés dans la logistique, les services, la réparation navale, les industries de transformation.

Le port de commerce de Kergroise, situé sur la partie Est, a pour principale activité l’importation de produits pétroliers et de matières premières agroalimentaires. Il est l’un des premiers ports bretons importateurs de soja génétiquement modifié avec 454 997 tonnes en 2017.


Tout au long de la journée, le va-et-vient des camions de marchandise rythme la vie du port. Le vacarme métallique des machines étouffe le bruit du vent. Les infrastructures sont à échelle de géant, les terrains vagues sont recouverts de béton et de déchets en tout genre. Très peu de personnes habitent ces zones industrielles. L’homme n’y vient que pour travailler.
Il faut attendre la nuit ou le week-end pour que l’activité diminue. Les employés rentrent chez eux, les hangars ferment leurs portes, les grandes avenues se vident. C’est à ces instants précis que j’aime me promener sur ce territoire. Ce dernier est principalement composé de construction dite fonctionnelle ; architecture pensée en fonction de l’activité qu’elle abrite sans réel but esthétique.


Au même titre qu’un voyageur souhaite faire face seul à la nature, je recherche une certaine solitude lorsque je me déplace à pied dans ce type de paysage. La marche comme expérience physique de l’espace, l’appareil photographique comme outil de prélèvement. Je mets en place un relevé fragmentaire du territoire à travers l’interprétation de mes propres ressentis. Ainsi, je divague dans les rues rectilignes du port, longe les bâtiments standardisés et me retrouve le plus souvent au pied du mur. 

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